Les secrets du vin biodynamique.

 

Les normes de production qui conditionnent l’attribution des labels « biodynamiques » sont plus strictes encore que les obligations imposées par le règlement européen relatif au vin biologique. Explication.

 

Si un vin biodynamique remplit au départ tous les critères de l’agriculture biologique (AB), l’inverse n’est pas vrai. Ce mode de production introduit dès les années 1930 d’après les préceptes développés par le philosophe autrichien Rudolf Steiner, se distingue aujourd’hui par deux certifications spécifiques : Demeter et Biodyvin. Seuls ont la possibilité d’y prétendre les vignerons préalablement labellisés AB . Les deux filières reposent donc sur un cahier des charges commun qui encadre leurs méthodes de fabrication respectives, depuis la culture du raisin jusqu’aux processus de vinification (transformation du moût). Ces principes excluent notamment le recours aux pesticides et aux engrais chimiques, interdisent l’exploitation d’OGM (Organismes génétiquement modifiés) et proscrivent l’usage de certains additifs.

 

Bien qu’elle partage avec l’AB une même racine réglementaire, la branche biodynamique s’en différencie par toute une série d’exigences plus restrictives : par exemple, les doses autorisées de sulfites ou dioxyde de soufre (il s’agit d’un conservateur) sont légèrement inférieures à celles qui s’appliquent aux crus issus du modèle « bio ». Selon que les produits concernés sont classifiés sous le label Demeter ou Biodyvin, les plafonds de So2 s’établissent entre 70 mg/l pour les rouges et 130 mg/l pour les blancs et rosés comprenant plus 5 grammes de sucres résiduels par litre.

 

La liste et la quantité d’intrants est réduite au profit d’autres produits phytosanitaires d’origine naturelle, telle que les tisanes et les décoctions de plantes, jusqu’à la fameuse bouse de corne que Steiner, dans sa préparation 500, conseille de pulvériser sur les terres d’un même domaine pour en accroître la fertilité et y stimuler la germination des plants.

 

D’après les données recueillies par l’association interprofessionnelle Sudvinbio, les ventes de bouteilles certifiées AB auraient triplé depuis 2010 pour atteindre aujourd’hui un chiffre d’affaire d’ 1,2 milliard d’euros. Les consommateurs soucieux de s’assurer une alimentation plus saine seraient d’ailleurs plus enclins qu’auparavant à acheter du vin biodynamique. L’activité couvrirait en 2018 une surface totale de 10 000 hectares répartis sur quelque 600 domaines, dont la moitié environ évoluerait sous le label Demeter (5 500 ha).

*à partir des mêmes critères, ces valeurs maximales grimpent à respectivement 170 mg/l et 220 mg/l sous le label AB européen, et jusqu’à 250 mg/l pour les vins blancs conventionnels.