Comment lire une bouteille de vin ?

 

 

Entre mentions obligatoires et données pratiques, les étiquettes et les fiches techniques associés aux vins commercialisés en ligne fournissent  une série d’informations aptes à fournir des critères de choix solides aux consommateurs. Décryptage.

 

En dehors du prix et de l’appellation régionale ou locale, à quoi faut-il se fier pour juger de la qualité d’un rouge ou d’un blanc ? Les renseignements apposés sur le contenant ou l’emballage du produit (et/ou dans sa fiche technique s’il s’agit d’un achat de vin en ligne) fournissent suffisamment de repères pour permettre au consommateur de se faire une opinion. Avant d’entrer plus avant dans le détail, rappelons d’abord que l’étiquetage d’une boisson alcoolisée  s’inscrit dans un cadre réglementaire strict qui, par la délivrance de données incontestables et loyales, vise à sécuriser l’achat du client, garantir une concurrence équitable entre les producteurs et faire œuvre de transparence sur la valeur sanitaire et la provenance de la marchandise.

La loi impose une dizaine d’informations obligatoires (les mousseux en compte une de plus, relative à la teneur en sucre). Beaucoup d’autres, facultatives, reposent sur des motivations commerciales ou marketing. Leur usage n’en est pas moins réglementé.

 

La classification : facultatif

La norme officielle range les vins dans deux catégories : ceux qui présentent une « indication géographique » (IG), et ceux qui  n’en mentionnent aucune (VSIG). La première regroupe notamment les fameuses certifications AOP (Appellation d’Origine Protégée). Certaines d’entre-elles jouissent d’une reconnaissance supérieure englobée dans la fameuse notion de « cru », laquelle donne lieu à d’autres classements fondés sur des critères spécifiques aux régions viticoles : Grand ou premier Cru en Bourgogne par exemple, Cru Bourgeois et Cru Artisan dans le Médoc.  En vertu de ces règles, il est établi qu’un « cru » (quel que soit son niveau) est forcément une AOC. Mais l’inverse n’est pas toujours vrai…

 

L’appellation : obligatoire

Pour les vins avec « indication géographique », la mention de la sous-catégorie (appellation d’origine ou IGP*) est  requise, complétée par la dénomination correspondante : Bordeaux, Gaillac ou Sauternes par exemple, deux des quelque 400 AOC répertoriées en France. Dans cette liste, figurent les vins dont le mode d’élaboration répond aux cahiers des charges les plus stricts du marché.

 

Teneur en alcool : obligatoire

Son indication, exprimée en degré ou pourcentage, est de rigueur sur toutes les étiquettes. Un vin présente en général un titre alcoométrique compris entre 8,5% et 15%. Des niveaux plus élevés (jusqu'à 24 %) sont tolérés pour certains types de production soumis à une méthode de vinification particulière, comme le mutage** : c’est le cas notamment du Banyuls ou du Rivesaltes –tous deux répertoriés parmi les vins doux naturels (VDN) – qui titrent parfois à plus de 16%. Rappelons que, dans tous les cas, la réglementation prévoit une tolérance de + ou – 0,5% dans la quantification finale de la teneur en alcool pur (éthanol).

 

L’embouteilleur : obligatoire

Son nom, son adresse et sa raison sociale sont à faire figurer en bonne place sur le contenant. A noter qu’en bordelais,  le mot « château » s’est progressivement imposé pour désigner toute exploitation en appellation d'origine contrôlée (voir photo ci-jointe). La mention « mise en bouteille au Château » y est donc très courante, quelle que soit d’ailleurs la nature du lieu (il n’est pas rare qu’un simple chai en fasse usage). La Bourgogne valorise plutôt un autre terme, celui de « domaine ».

 

Numéro  du lot : obligatoire

Cette référence est imposée par une directive européenne relative aux mentions ou marques qui permettent, par un matricule, d’identifier le lot auquel appartient une denrée alimentaire.

 

Le millésime : facultatif

Cette qualité signifie que 85% (minimum) des raisins utilisés dans l’élaboration du produit a été vendangé au cours de la même année (art. 61 et 63 du règlement CE n° 607/2009 du 14.7.09). Certains vins dits « non millésimés » sont fabriqués à partir d’une combinaison de plusieurs cuvées, à l’exemple du champagne dit BSA, pour Brut sans année.

*Ce sigle (Indication Géographique protégée) désigne depuis 2011 les Vins de Pays.

**Opération qui consiste à stopper la fermentation  par l’adjonction d’alcool neutre (généralement de l’eau-de-vie).